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NOTE A PROPOS DES AMENDEMENTS ACCOYER
DU 11 JANVIER 2007 |
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16/01/2007
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IL FAUDRAIT : Appliquer tout simplement le décret proposé par M. Xavier Bertrand en avril 2007, et finalisé en décembre par trois ministères (Santé, Éducation, Matignon), après une longue concertation avec l’ensemble des organisations professionnelles concernées. Bien entendu, la FF2P se réjouit que la Commission des Affaires sociales du Sénat ait refusé les deux derniers amendements surprises, proposés par M. Accoyer le 11 janvier et visant : · à confier la formation des psychothérapeutes exclusivement à l’université (sans envisager aucune équivalence avec des formations similaires, en place depuis un quart de siècle et conformes aux normes européennes) ; · à faire évaluer les psychothérapeutes en fonction par des Commissions régionales composées exclusivement de médecins et de psychologues, alors que ceux d’entre eux qui sont formés en psychothérapie ou psychanalyse ont eux-mêmes acquis leur propre compétence à l’occasion d’études complémentaires effectuées dans des écoles et instituts privés. « La psychothérapie aux psychothérapeutes ! ». Il devrait aller de soi que la formation à ce métier, vital pour les personnes et pour la société, soit confiée à la profession elle-même et non à des professions voisines, respectables mais différentes. A-t-on le droit de priver les usagers de professionnels réellement formés spécifiquement à la psychothérapie (et non essentiellement à la médecine ou à la psychologie) ? Alors que pour être reconnus par les organisations professionnelles de psychothérapie, dans tous les pays de l’Union Européenne, les médecins et les psychologues sont astreints, tout comme les autres professionnels, à quatre années d’études complémentaires spécifiques en psychothérapie dans des écoles et instituts privés d’études supérieures dont le jury comprend obligatoirement des experts extérieurs à l’établissement d’enseignement. Il serait surprenant que le gouvernement envisage, en période électorale, une mesure aussi impopulaire qui risquerait de déclancher la colère de milliers de professionnels qualifiés ainsi que l’inquiétude et le désarroi de centaines de milliers de patients ou clients, en cours de psychothérapie. Envisagerait-on de fermer les facultés de médecine ou les hôpitaux parce qu’il existe quelques médecins incompétents, voire malhonnêtes ou sectaires ? Fermerait-on toutes les écoles parce qu’on a dépisté quelques enseignants pédophiles ? Il serait non moins surprenant qu’un gouvernement libéral envisage de nationaliser la formation des psychothérapeutes en la confiant exclusivement aux universités publiques, alors que : · les services privés actuels donnent satisfaction à 87 % (cf. enquêtes nationales récentes d’instituts de sondage indépendants, BVA et CSA) ; · les universités ne sont pas en mesure d’assurer une formation professionnelle intégrale puisqu’elle comprend non seulement des cours théoriques, mais aussi une sélection concernant l’équilibre de la personnalité, une psychanalyse ou psychothérapie personnelle approfondie, des stages pratiques avec supervision par des psychothérapeutes qualifiés, ainsi qu’un engagement à observer le Code de déontologie de la profession. Ces critères rigoureux sont indispensables pour assurer la sécurité des usagers et lutter contre l’usurpation du titre par certains charlatans fantaisistes ou gourous de sectes. Rappelons qu‘aucune Université au monde n’assure une formation professionnelle complète à l’exercice de la psychothérapie ou de la psychanalyste. C’est comme si on décidait subitement de former les ingénieurs, les architectes, les pilotes d’avion ou les kinésithérapeutes exclusivement à l’Université. Les modes de recrutement, de formation initiale et continue, de certification, de supervision et de déontologie des Instituts privés, regroupés dans des Fédérations ou Syndicats qui en contrôlent le bon fonctionnement, semblent complètement ignorés par les intentions déclarées et la lettre de ces derniers amendements. Il faut rappeler qu’une directive européenne est en préparation à la Commission de Bruxelles, prévoyant une coopération des instituts privés avec les universités et une harmonisation des diplômes. La psychopathologie, seule discipline réglementée par la loi française, constitue un volet de la formation représentant moins de 20 % du programme général de formation d’un psychothérapeute. Elle n’aurait dû en aucun cas servir de critère privilégié, exclusif, du droit d’exercer ce métier. Il faut rappeler qu’une directive européenne est en préparation à la Commission de Bruxelles, prévoyant une coopération des instituts privés avec les universités et une harmonisation des diplômes. La psychopathologie, seule discipline réglementée par la loi française, constitue un volet de la formation représentant moins de 20 % du programme général de formation d’un psychothérapeute. Elle n’aurait dû en aucun cas servir de critère privilégié, exclusif, du droit d’exercer ce métier. Les usagers : 8 % de la population (soit 5 millions de citoyens), présentant parfois des pathologies mentales mais le plus souvent, des souffrances psychosociales liées aux aléas de l’existence : séparation, divorce, deuil, solitude, dépression, angoisse, stress, traumatisme, chômage, conflits professionnels, familiaux, conjugaux, difficultés sexuelles, souffrances scolaires des élèves et des enseignants… A noter, au passage, que l’aide ou les soins assurés par les psychothérapeutes privés ne sont pas à la charge de la sécurité sociale. Les professionnels « psy » se répartissent en quatre professions séparées, soit environ : - 7 000 psychothérapeutes certifiés après 4 à 7 ans d’études dans un institut privé agrée au plan national ; - 5 000 psychanalystes, formés en instituts privés et répartis entre une trentaine de sociétés ; - 15 000 psychologues cliniciens, formés en psychopathologie, mais pas en psychothérapie, durant leurs études ; - 14 000 psychiatres, dont beaucoup font appel surtout à des traitements médicamenteux coûteux, mais dont un certain nombre ont acquis une compétence psychothérapeutique dans les instituts privés de psychanalyse ou de psychothérapie que les amendements, dans la version actuelle de M. Accoyer, se proposent d’éradiquer ! La formation des psychothérapeutes certifiés est, à l’entrée, de niveau moyen bac + 3, suivi de 4 à 7 années d’études spécialisées, selon les écoles. Elle comprend, après une sélection exigeante, plusieurs volets : analyse ou thérapie personnelle, théorie, pratique supervisée, engagement déontologique, reconnaissance individualisée par une commission de pairs qualifiés (sur dossier, mémoire de certification, entretien, en présence d’un expert indépendant de l’institut de formation). Une large part des personnes en formation viennent de professions d’aide sociale, sanitaire, éducative et autres, spécialement préparés à l’exercice de ce qui devient pour eux un second métier, entrepris à l’âge moyen de 40 ans, et pour lesquels, une formation à l’université, n’est pas forcément la mieux adaptée. Au nom du CA de la FF2P, • Dr Michel Meignant, médecin, psychothérapeute, président de la FF2P, représentant l’Association Européenne de Psychothérapie auprès du Conseil de l’Europe ; • Mme Isabelle Crespelle, psychologue clinicienne, psychothérapeute, vice-présidente de la FF2P, présidente de la Commission des méthodes au sein de l’Association Européenne de Psychothérapie ; • M. Serge Ginger, psychologue clinicien, psychothérapeute, secrétaire général de la FF2P, président de la Commission européenne d’accréditation des instituts de formation à la psychothérapie. |
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