"NOUVELLE PROFESSION"
20/02/2006
Certains prétendent qu’il ne faut pas « créer une nouvelle profession » de psychothérapeute.

En réalité, la nouvelle profession proposée par l’art. 52 est celle de « psychopathologue » !

Quant à la profession de psychothérapeute, elle existe de fait, depuis fort longtemps :
• En Europe, l’European Association for Psychotherapy (EAP) regroupe 120 000 psychothérapeutes professionnels à plein temps, dans 41 pays.
• Les Congrès mondiaux (tous les 4 ans, depuis plus de 15 ans) rassemblent plusieurs milliers de psychothérapeutes professionnels (praticiens, professeurs, chercheurs) de 80 pays de tous les continents.
• En France, la profession de psychothérapeute est clairement organisée depuis plus de 25 ans et représentée par 4 organisations principales :

- Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P) : environ 3 000 membres
- Association fédérative française des organismes de psychothérapie (Affop) : env. 1 000 memb.
- Syndicat National des Praticiens en Psychothérapie (SNPPsy) : env. 400 membres
- Psy en mouvement : plusieurs centaines de membres.

Ces organisations professionnelles représentatives ont élaboré des normes de formation convergentes, un code de déontologie obligatoire, des activités de formation continue, etc.

Une activité professionnelle à plein  temps, déclarée comme telle aux impôts, définie par des normes minimales de formation, et bientôt par un master professionnel, régie par un code de déontologie, exercée en pratique libérale ou salariée est bien une « profession »… qui n’a rien de « nouveau » !

Serge Ginger,
Secrétaire général de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P)
Président de la Commission européenne d’harmonisation des formations à la psychothérapie, rassemblant les 41 pays membres de l’European Association for Psychotherapy (EAP).



PS. du 20 février 2006 :

De retour à l’instant, de trois journées trimestrielles de travail du Board de l’European Association for Psychotherapy (EAP), ayant rassemblé, dans le cadre de l’Université de Psychothérapie Sigmund Freud de Vienne (Autriche), 70 psychothérapeutes professionnels qualifiés représentant la profession dans 41 pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, je suis amené à ajouter deux brefs témoignages :

• Lorsque j’ai publiquement annoncé que le ministère de la santé français ne considérait pas la psychothérapie comme une « profession », ma remarque a suscité dans l’assemblée de chercheurs et praticiens, professeurs d’université psychiatres, psychologues, psychanalystes et autres psychothérapeutes une incrédulité totale, suivie par des questions étonnées, puis un sourire désabusé et condescendant sur « l’exception française »… Personne n’en croyait ses oreilles !

• Un document écrit de 21 pages (en italien), daté du 25 mars 2005, m’a été remis, relatant les attendus d’une décision du Conseil d’État italien, annulant les jugements en 1re instance et en appel qui refusaient de reconnaître un psychothérapeute autrichien travaillant en Italie, sous prétexte que sa formation ne répondait pas aux normes de la loi italienne.
Le Conseil d’État se réfère à l’art. 3 de la directive européenne CEE 89/48 et déclare que la profession de psychothérapeute ne peut être refusée à l’intéressé.