DROIT DE RÉPONSE
AU JOURNAL LE MONDE
17/01/2007
LES PSYCHOTHÉRAPEUTES PROFESSIONNELS NE SONT PAS "AUTOPROCLAMÉS"


Nous recevons la demande d’insertion suivante, envoyée par :
-
Le Dr Michel Meignant, médecin, psychothérapeute, président de la FF2P, représentant permanent de l’Association Européenne de Psychothérapie (EAP) auprès du Conseil de l’Europe ;
-
Mme Isabelle Crespelle, psychologue clinicienne, psychothérapeute, vice-présidente de la FF2P, présidente de la Commission des méthodes au sein de l’Association Européenne de Psychothérapie ;
-
M. Serge Ginger, psychologue clinicien, psychothérapeute, secrétaire général de la FF2P, président de la Commission européenne d’accréditation des instituts de formation à la psychothérapie :

Comme suite aux propos de M. Accoyer, rapportés par Le Monde (édition datée du 14-15 janvier 2007), la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P) tient à s’élever avec vigueur contre l’amalgame fait entre certains « psychothérapeutes autoproclamés, qui ne sont que des charlatans », et les 7 000 psychothérapeutes professionnels qualifiés, membres des organisations nationales représentatives.
Depuis un quart de siècle, conformément aux normes européennes, les psychothérapeutes professionnels sont dûment formés pendant un minimum de quatre années dans des écoles et instituts privés d’études supérieures, dont le jury comprend obligatoirement des experts universitaires extérieurs à l’établissement d’enseignement.
Il ne s’agit donc en rien de personnes « autoproclamées » !

La FF2P rappelle que l’université ne propose aucune formation professionnelle complète de psychothérapeute ou de psychanalyste, ni dans les facultés de médecine, ni dans celles de psychologie.
Cette formation spécifique de haut niveau implique en effet, en plus des cours théoriques indispensables de psychopathologie et de méthodologie, une sévère sélection concernant l’équilibre de la personnalité, une psychothérapie ou psychanalyse personnelle approfondie, une pratique clinique sous la supervision de professionnels qualifiés, ainsi qu’un engagement à observer le Code de déontologie de la profession.
Ces critères rigoureux sont indispensables pour assurer la sécurité des usagers et lutter contre l’usurpation du titre par certains charlatans fantaisistes ou gourous de sectes.

Confier la formation des psychothérapeutes exclusivement à l’université s’avèrerait aussi dangereux que de délivrer un permis de conduire après les seules épreuves théoriques du Code de la route. Tout comme les ingénieurs, les architectes ou les pilotes d’aviation, la formation doit être assurée par des professionnels expérimentés et pas uniquement par des enseignants issus de professions voisines, certes respectables, mais différentes.
Il y va de la sécurité des usagers, qui demeure notre souci majeur. Ces derniers sont loin d’être pour la plupart des malades mentaux, mais des personnes souvent fragilisée par les aléas de l’existence : divorce, deuil, solitude, immigration, chômage, stress, traumatisme, conflits professionnels, familiaux ou conjugaux, difficultés sexuelles, problèmes scolaires, etc.

Un projet de décret a longuement été élaboré dans cet esprit par M. Xavier Bertrand, ministre de la santé, en concertation avec les représentants des associations de professionnels, en accord avec le ministère de l’éducation nationale et sous l’arbitrage du Premier Ministre.
Il devait être soumis incessamment au Conseil d’État, au moment même où M. Accoyer a fait voter, en première lecture à l’Assemblée nationale, le jeudi 11 janvier 2007, deux nouveaux amendements, à l’occasion d’une loi sur les médicaments, ne tenant pas compte du délicat travail de concertation accompli depuis plusieurs mois.


PS. La demande de suppression de ces deux amendements vient d’être votée à l’unanimité par la Commission des Affaires sociales du Sénat, le mercredi 17 janvier. Ces deux amendements doivent être soumis à l’ensemble du Sénat le mercredi 24 janvier, puis à la Commission mixte paritaire et enfin, à l’Assemblée nationale.