à Monsieur Bernard BASSET
DGS, Ministère de la Santé
Objet : Décret concernant le titre de psychothérapeute
Monsieur le Directeur,
Comme convenu, nous reprenons contact avec vous pour solliciter une entrevue.
Bien entendu, nous aimerions avoir communication de l'avant-projet de décret, dès que possible, afin de pouvoir le lire attentivement avant notre rencontre.
[...] Le 6 juillet, nous partons tous à Vilnius, en Lituanie, participer activement au 13e Congrès européen de Psychothérapie ainsi qu'aux réunions du C.A. et du Comité exécutif de l'European Association for Psychotherapy (EAP) - qui poursuit ses travaux d'harmonisation des réglementations européennes de la profession, en liaison avec la Commission Européenne de Bruxelles et le Conseil de l'Europe de Strasbourg.
[...] En accord avec les positions européennes sur ce sujet, nous avons toujours estimé que le titre de "psychothérapeute" devait être appliqué à des professionnels formés à cette discipline - qui requiert notamment une expérience personnelle de psychothérapie ou de psychanalyse et pas seulement des études intellectuelles. C'est dans cet esprit que nous soutenons le terme de "psychothérapie relationnelle", prenant en compte l'effet thérapeutique de la relation maîtrisée entre le psychothérapeute et le patient-client (exploitation thérapeutique des phénomènes relationnels et transférentiels) - dont toutes les recherches et méta-recherches ont démontré l'effet prépondérant.
Comme il est prévu dans la loi, le décret doit en préciser les modalités d'application, soit les conditions d'inscription sur la liste départementale publique : formation préalable (et pas simplement en psychopathologie), critères de reconnaissance des associations et de leurs annuaires : quelles associations de psychanalyse - parmi les nombreuses associations freudiennes, lacaniennes, jungiennes, adlériennes, kleiniennes, etc. - seront reconnues "de droit" ? Quelles associations de psychothérapie relationnelle, au statut légal identique, seront assimilées ?).
La question des mesures transitoires pour les professionnels qualifiés en fonction doit être précisée ("clause du grand père").
En ce qui concerne le point particulier de la formation en psychopathologie clinique, la Fédération suggère un programme commun à la trentaine d'écoles et instituts de formation qu'elle regroupe (dans différentes modalités de psychothérapie). Ce programme serait une harmonisation des formations en psychopathologie appliquée, déjà en place depuis de nombreuses années et enseignées par des spécialistes praticiens.
Il pourrait être réparti sur trois années, à temps partiel, parallèlement à la formation générale proprement dite à la psychothérapie - qui demeure essentielle - et comprendre trois niveaux complémentaires :
• 1re année : psychopathologie générale (40 h) :
Le normal et le pathologique, les principales classifications nationales et internationales (DSM IV) des troubles mentaux, les notions de base. La psychopharmacologie. La complémentarité des approches.
• 2e année : les principaux troubles en pratique libérale et institutionnelle (70 h) :
Troubles anxieux et diverses formes de dépression, névroses, états limites et psychoses, addictions, troubles alimentaires, troubles de la sexualité, psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, etc.
• 3e année : l'éclairage psychopathologique spécifique à l'approche étudiée (40 h) :
psychanalytique, humaniste (Gestalt, approche centrée sur la personne, analyse transactionnelle, etc.), cognitivo-comportementale (TCC, EMDR), systémique, intégrative, etc.
• Par ailleurs, et tout au long de la formation générale en psychothérapie - qui implique l'étude approfondie d'une méthodologie théorique et pratique, la dimension psychopatholo-gique demeure présente, notamment à l'occasion de :
- supervision et étude de cas, avec analyse de la pathologie de chaque client (120 h).
- préparation d'un mémoire écrit et soutenu, incluant des études de cas concrets (50 h).
Cette formation en psychopathologie appliquée à la psychothérapie constituerait un prérequis, non pour l'entrée en formation, mais pour la certification finale, ainsi que pour l'inscription sur le Registre national.
L'ensemble du suivi de ces mesures impliquerait la mise en place d'un organisme permanent de concertation entre les pouvoirs publics et les organisations nationales représentatives des psychothérapeutes professionnels qualifiés.
Dans l'attente d'une rencontre prochaine, nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de nos sentiments respectueux,