Objet : Demande d’audience concernant le décret d’application de « l’article 52 » sur le titre de psychothérapeute.
Monsieur le Ministre,
Selon certains de nos collègues, votre ministère aurait l’intention de remettre en question quelques-unes des propositions que vous aviez formulées en personne lors de la concertation générale du 7 avril. Notre Fédération vous a déjà fait connaître notre accord avec ces propositions, sous réserve que la formation complémentaire en psychopathologie soit exigée de tous, comme il est prévu dans le texte de loi (en plus de la formation de base à la psychothérapie, incluant notamment un travail approfondi sur soi-même et une supervision régulière).
Vous savez, sans aucun doute, qu’une partie non négligeable des usagers qui s’adressent aujourd’hui à des psychothérapeutes du secteur privé le font sur le conseil de psychiatres ou psychologues avec qui nous collaborons régulièrement. Ces patients viennent nous consulter à leurs propres frais, sans remboursement par la Sécurité sociale, estimant insuffisante l’aide apportée par ces collègues, malgré une écoute bienveillante et des médicaments psychotropes éventuels, mais sans mesure psychothérapeutique proprement dite (les psychiatres et psychologues n’ayant pas été formés à une telle approche, à l’université).
Vous savez aussi que la Fédération Européenne des Psychologues Professionnels (EFPPA) a estimé elle-même que les psychologues titulaires d’un master en psychologie n’étaient pas psychothérapeutes, mais avaient besoin de 5 années complémentaires de formation (2 ans de pratique et 3 ans de formation spécialisée) pour pouvoir prétendre à ce titre et à cette compétence qui implique notamment une psychothérapie ou psychanalyse personnelle du praticien et une formation approfondie à une méthode déterminée.
Par ailleurs, le président d’une « association de victimes de la psychothérapie » s’est permis des critiques totalement fantaisistes sur des méthodes classiques d’approche, largement reconnues par les organismes scientifiques du monde entier (et cela pour des raisons personnelles, que le ministère n’ignore certainement pas). Nous faisons confiance à votre sens critique et à votre perception juste de la réalité sociale.
Nous sollicitons une audience de votre part, dès que possible, afin de vous renouveler notre confiance en votre arbitrage et argumenter nos positions sur le décret.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre respectueuses considération.