La FF2P comme organisme de médiation

20/09/2005

Il se produit aujourd’hui en France ce qui s’est vécu aux États-Unis il y a une trentaine d’années :  la « guerre féroce » entre deux courants dominants et opposés de psychothérapie, pour conquérir notamment les postes prestigieux de l’Université, la guerre entre les psycha­nalystes et les comportementalistes. Comme on le sait, dans l’ensemble des pays anglo-saxons, ce sont ces derniers qui l’ont emporté, et l’impact de la psychanalyse s’est progressivement réduit d’une manière drastique, au point qu’elle n’est plus enseignée là-bas dans la plupart des facultés de médecine et de psychologie. On en parle plutôt aujourd’hui comme d’un courant historique de la philosophie.

La naissance du courant humaniste
Face à l’emprise de ces deux courants qui, chacun à sa manière, estiment que nous sommes tous des êtres conditionnés, soit par notre passé (histoire de notre première enfance), soit par notre environnement (le conditionnement social, culturel, éducatif), s’est créée une « Trois­ième Voie » - qui souligne la part importante de liberté et de respon­sabilité inhérente à chacun : il s’agit de la Psychothérapie humaniste, avec entre autres novateurs, Carl Rogers et la thérapie centrée sur le client, Fritz Perls et la Gestalt-thérapie, Éric Berne et l’Analyse transactionnelle.
Cette approche humaniste, qui prône les valeurs existentielles s’est développée progres-sivement face aux deux formes jusque là dominantes de psychothérapie : la psychanalyse (ou « psycho-thérapie dynamique ») et les thérapies cognitivo-comportementales (ou TCC). Ces diverses approches humanistes-existentielles sont aujourd’hui les plus répandues, tant dans les pays anglo-saxons qu’en France - sauf dans les milieux universitaires, encore dominés par la psychanalyse, tout au moins en France et en Amérique du Sud.

L’actualité française : deux événements récents
Aujourd’hui, nous assistons en France à un phénomène similaire — dont les deux symboles actuels sont :
• le retrait du Rapport de l’INSERM du site du ministère de la santé, par M. Douste-Blazy, à l’occasion d’un forum organisé par un groupe de psychanalystes ;
• la parution à grand fracas du « Livre noir de la psychanalyse », contre-attaque virulente des tenants des TCC, dans un réquisitoire violent, n’en soulignant que les aspects négatifs.
Les arguments invoqués de part et d’autre sont généralement sérieux et scientifiquement vérifiables… mais, dans les deux cas, ils sont unilatéraux et donc non scientifiques.
Il serait facile d’imaginer un « Livre noir de la religion » ou de tout Gouvernement, ne relatant QUE les erreurs ou scandales, et passant sous silence tous les aspects positifs !

La FF2P comme organisme d’union et de médiation
La Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P) se tient sagement à l’écart de ces querelles de chapelle, aussi violentes que tendancieuses, et s’enorgueillit, au contraire, de rassembler des professionnels de toutes tendances et de les aider à développer les « facteurs communs » de réussite de toutes les formes de psychothérapie. Ces facteurs communs sont bien connus aujourd’hui et ont été dégagés, en particulier, par les approches humanistes : il s’agit notamment de « l’alliance thérapeutique », de l’attitude chaleureuse et engagée du psychothérapeute (l’empathie), de son respect inconditionnel pour le client, etc.

La nouvelle loi et son décret d’application renforceront sans doute l’unité de la psycho­thérapie et de la psychanalyse, bien au-delà des corporatismes éphémères, et la FF2P - le plus important organisme représentatif de la profession - compte bien y participer.

par Serge Ginger, secrétaire général de la FF2P et Isabelle Crespelle, vice-présidente