LES PSYCHOTHÉRAPEUTES NE SONT PAS DES MÉDICAMENTS !
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
20/02/2007
Dans sa décision n° 2007-549 DC du 19 février 2007, le Conseil Constitutionnel vient d’annuler les deux derniers amendements proposés par M. Accoyer concernant la réglementation du titre de psychothérapeute, amendements qui avaient soulevé un tollé général parmi les professionnels.

Ces amendements avaient été introduits par M. Accoyer dans une loi concernant « diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament ».
Après une saisine par les députés et sénateurs socialistes et communistes, le Conseil Constitutionnel a considéré que ces articles étaient « dépourvus de tout lien » avec les dispositions figurant dans le projet de loi, et les a donc déclarés « contraires à la Constitution ».

La Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P) qui avait activement milité pour cette abrogation se déclare très satisfaite de cette décision de bon sens.
Le sages confirment ainsi que les psychothérapeutes professionnels ne sont ni des « outils » entre les mains des médecins (M. Accoyer, octobre 2003), ni des « médicaments » (M. Accoyer, janvier 2007) !

Ainsi, la dernière version du décret d’application de la loi du 9 août 2004, péniblement élaborée après de nombreux mois de concertation de M. Xavier Bertrand avec les diverses organisations représentatives des professionnels, devrait être soumise incessamment pour avis au Conseil d’État. Elle prévoit l’inscription sur un registre national, avec mention des formations publiques et privées suivies, et cela après une formation complémentaire en psychopathologie clinique, effectuée à l’université ou dans un organisme agréé par l’État. Les médecins, psychologues et psychanalystes pourront solliciter une inscription de droit. Les autres professionnels en fonction depuis plus de trois ans à la date du décret pourront bénéficier de mesures transitoires (« clause du grand père »), sous réserve de l’avis d’une commission.

Il restera, bien entendu, à constituer ces commission d’évaluation d’une manière équitable, avec une représentation effective de psychothérapeutes praticiens compétents, diplômés de l’université ou d’organismes agréés par l’État, après une formation complète, impliquant notamment une psychanalyse ou une psychothérapie personnelle approfondie, une  formation théorique et méthodologique spécifique de quatre années au minimum, et une supervision de la pratique, rejoignant ainsi les normes en vigueur dans les 41 pays membres de l’European Association for Psychotherapy (EAP), membre du Conseil de l’Europe.


Dr Michel Meignant, président de la FF2P, médecin, psychothérapeute, représentant permanent de l’Association Européenne de Psychothérapie (EAP) auprès du Conseil de l’Europe ;
M. Serge Ginger, secrétaire général de la FF2P, psychologue clinicien, psychothérapeute, président de la Commission européenne d’accréditation des instituts de formation à la psychothérapie, dans les 41 pays membres de l’EAP ;
Mme Isabelle Crespelle, vice-présidente de la FF2P, psychologue clinicienne, psychothérapeute, présidente de la Commission des méthodes au sein de l’Association Européenne de Psychothérapie.