Si vous ne visualisez pas cet email correctement, Cliquez ici
Newsletter n°105 de la FF2P
14 mai 2020

SPÉCIALE COVID-19
     
     
     
COMMUNIQUÉ DE BRIGITTE ASSELINEAU
     
  Cette longue période de confinement se termine, même si nous sommes encore dans un déconfinement partiel, et j’avais envie de partager quelques réflexions sur cet épisode particulier et inédit.

Jamais nous n’avons vécu une telle situation où nous sommes autant privés de notre liberté de mouvement, où le monde entier est plongé dans le confinement, confrontés à notre impuissance et à nous-mêmes.
Comme toutes les crises, celle-ci nous pousse dans nos retranchements et c’est dans cette zone d’inconfort que nous allons trouver, et je le souhaite à l’échelle mondiale, de nouvelles ressources.
Nous le savons bien ce sont dans ces zones que nous sommes le plus créatif et que notre évolution est la plus grande.

Cette crise a prouvé, si c’était vraiment nécessaire, que notre profession a toute sa place dans le champ psychosocial et est un des acteurs non négligeables de la santé mentale.
Face à l’urgence de maintenir, pour certains, ou d’offrir un espace de parole pour tous les citoyens, soignants ou pas, nous avons su mettre en place une cellule d’écoute bénévole efficace.
Celle-ci a été très sollicitée, et notamment par d’autres organisations non spécialisées dans l’écoute ou qui avaient besoin de relayer vers une prise en charge plus psychologique.

Les psychopraticiens ont démontré une fois de plus que leur présence sur le terrain faisait d’eux des partenaires incontournables et indispensables pour répondre aux besoins d’accompagnement des personnes en souffrance psychologique.

Mais ne nous illusionnons pas.
Si nous venons, et je le souhaite, de passer l’orage de la crise sanitaire, l’ouragan de la crise sociale et de la détresse psychologique reste à venir.
A l’heure où j’écris ces quelques mots, la veille du déconfinement, je crains que le vrai chaos soit devant nous.
La première étape va être celle du déconfinement et des angoisses qu’il va générer.
Bon nombre de personnes vont devoir sortir de leur cocon et réaffronter le monde, se confronter au réel, à la peur de la maladie et des autres potentiellement infectés et dangereux.
Chacun devra apprendre à vivre dans un monde incertain et imprévisible, voire insécure.
Ensuite viendra les répercussions économiques de cette crise, laissant dans son sillage de nombreuses vies brisées.
Là encore les psychopraticiens répondront présents pour accompagner toutes ces personnes qui auront besoin des professionnels de la psychothérapie pour traverser ces épreuves.

La question essentielle pour moi aujourd’hui est : « Que va-t-on apprendre de cette expérience ? »
Sur un plan individuel, chacun en tirera les leçons qui lui sont propres, peut-être que certains changeront leur mode de vie ou réajusteront leurs actions pour qu’elles soient plus en accord avec eux-mêmes et leurs besoins.
Sur un plan plus vaste, les leçons porteront-elles sur notre façon de vivre et nous obligeront-elles à repenser notre société, celle que nous voulons pour demain ?
Si toutefois nous avons déjà pris, auparavant, le temps de penser, d’imaginer la société dans laquelle nous voulions vivre. Sans un imaginaire fécond rien ne peut advenir.
Avant de penser l’impensable il faut pouvoir l’imaginer, le rêver. Les utopies d’hier sont la réalité d’aujourd’hui, et nous pouvons rendre grâce aux grands rêveurs qui ont traversé l’histoire de l’humanité.
Serons-nous capables de nous laisser aller de nouveau à la rêverie ?

Pour l’heure, avant de repenser l’avenir, c’est le temps de panser nos blessures.
Parce que cette crise délétère a occasionné bien des traumatismes.
Tout d’abord ceux qui ont été blessés dans leur chair, ceux qui ont perdu des proches et n’ont pas pu les accompagner, ceux qui ont souffert de cet isolement forcé, de la solitude, de l’abandon pour les plus démunis...
La liste est loin d’être exhaustive et nous aurons à regarder en profondeur les conséquences psycho-sociales de cette crise sanitaire sans précédent.
A n’en pas douter celle-ci laissera des traces, et pas uniquement dans les corps meurtris par la maladie.
Elle laissera aussi son empreinte dans le psychisme de chacun, des plus jeunes au plus âgés.

Dans une sorte de lapsus révélateur, la distanciation sociale a été exigée à la place de la distanciation physique. Comme si fondamentalement chacun savait que l’un n’allait pas sans l’autre, que l’isolement social était le corollaire de la distance physique.

Une des premières et peut-être des plus grandes leçons à tirer des deux mois de confinement que nous venons de vivre est que rien ne peut remplacer dans la relation ce que la présence physique apporte.
Le corps même de l’autre va mettre tous nos sens en éveil, sens qui vont venir nourrir la relation.
Le toucher, les odeurs, le regard, la place qu’occupe les corps dans l’espace, la voix, la gestuelle… sont autant d’éléments indispensables pour se sentir en lien avec l’autre.
Comme nous avons pu l’éprouver ces dernières semaines, plus ou moins douloureusement, nous sommes des êtres de chair et nous avons besoin de la chair – de l’autre – faite corps pour faire l’expérience incarnée du lien.
Comme l’enfant qui va sentir dans son propre corps la présence incarnée de sa mère et ainsi faire l’expérience d’un lien sécure. La relation sans corps, même en image par écran interposé, ne nourrit pas suffisamment le lien.
Nous l’avons vu avec ses manifestations de glissement des personnes âgées.
La distanciation physique, et donc sociale, est une criminelle qui frappe sans faire de bruit.

Le confinement aura appris au monde entier l’importance de la relation.
L’importance pour les humains que nous sommes d’être en lien.
Nous avons tous découverts que nous pouvions être connectés avec tout le monde, presque tout le temps, via internet. Nous pouvions nous voir en visio-conférence mais, simultanément à l’usage intensif de cette technologie moderne nous en avons aussi éprouvé ses limites.
Nous ne pouvons que constater que nous avons confondu être connectés et être interconnectés, dans le sens d’interreliés. De cela aussi la société devra tirer les leçons et il faudra que nous, les psychopraticiens, restions vigilants à maintenir et protéger un lien incarné avec nos clients.

Nous sommes au croisement de multiples chemins possibles, espérons que nous choisirons les plus épanouissants.
Mais qui sait ce qu’il va advenir, qui saurait le dire aujourd’hui d’ailleurs ? Il est certainement encore beaucoup trop tôt pour se voir dessiner une quelconque direction.
Mais restons éveillés, continuons à nous former et à travailler dans l’éthique qu’exige notre profession, parce que peut-être que dans des temps futurs nous serons les garants du lien et de la relation et nous aurons à protéger la dynamique interrelationnelle entre les êtres humains.

Qui sait, peut-être que les psychopraticiens FF2P deviendront les gardiens du temple de la relation ?

Brigitte ASSELINEAU,
présidente de la FF2P

 
     
     
CRISE DU COVID-19
     
  GUIDE DES BONNES PRATIQUES POUR L'EXERCICE EN CABINET DE VILLE

L'ACTION DE LA CHAMBRE NATIONALE DES PRATICIENS DE LA SANTÉ DURABLE

INFORMATIONS CLÉS

RECOMMANDATIONS POUR NOS ADHÉRENTS
 
     
     
CONTACTS
     
 

Secrétariat de la FF2P :
6 avenus du Maine - 75015 PARIS
Tél : +33 1 44 05 95 50 - Fax : +33 1 45 44 62 34

E-mail : contact@ff2p.fr

Site : www.ff2p.fr

 
     
 
   
  La FF2P est de plus en plus présente sur les réseaux sociaux, pour renforcer sa visibilité et réunir les professionnels de la thérapie  
     
 
  Facebook
 
  LinkedIn
     
Venez nous rejoindre sur Facebook et partager nos événements avec toute votre communauté !
Page de la FF2P
Page du festival Cinopsy's
  La FF2P est également présente sur le réseau professionnel LinkedIn !
Suivez-notre page entreprise et référencez votre profil auprès de la FF2P en l'ajoutant à votre CV.
Vous pouvez également vous connecter à notre réseau.
Page entreprise de la FF2P
Page professionnelle de la Fédération
 
   
     
DIVERS
     
  Téléchargements  
     
  Vous pouvez désormais télécharger à partir de la page d'accueil de notre site ou directement à partir des liens ci-dessous divers documents et formulaires tels que :

Adhérer à la FF2P :
- Membre individuel (09/2019)
- Organisme (04/2013)


Demander le CEP :
- Procédure par Grandparentage (07/2013) - (3 documents à joindre obligatoirement) :
. CV résumé en anglais (2013)
. CV résumé en francais (2013)
. Formulaire d'enregistrement sur le répertoire européen (ERP) : format .docx ou .pdf (10/2019)
- Procédure par Voie directe (08/2017) : Procédure réservée aux écoles agrées EAPTI, contactez directement votre école.


Formation continue (CPD) :
Formulaire CPD - Résumé annuel
 
   
  Désabonement Newsletter  
     
  Pour vous désabonner de nos parutions, rendez-vous sur le site de la FF2P et désinscrivez-vous en bas et à droite de la page d'accueil.